Pourquoi pensons-nous toujours aux autres avant nous ?

C’est une des remarques que j’entends le plus souvent à La Maison du Soin, à Rezé. Des femmes, parfois des hommes, qui s’accordent enfin un moment pour eux et qui commencent la séance par ces mots : « Je n’aurais pas dû, j’ai tellement de choses à faire. » Ou encore : « C’est mon mari qui m’a offert le bon cadeau, sinon je ne me serais jamais autorisé à venir. » Cette difficulté à se mettre en premier n’est pas un défaut de caractère. Elle a des racines beaucoup plus anciennes. SOMMAIRE Et si c’était le moment de prendre soin de vous ? Réservez votre soin en ligne D’où vient cette priorité accordée aux autres ? La plupart du temps, cette tendance s’est installée très tôt, bien avant que nous en soyons conscients. Elle vient souvent de ce que nous avons observé et intégré dans l’enfance : un parent toujours disponible pour les autres, une famille dans laquelle se plaindre ou réclamer quelque chose pour soi était mal vu, un environnement où la générosité était valorisée et le repli sur soi associé à de l’égoïsme. Ces apprentissages ne sont pas des fautes. Ils ont souvent eu une utilité : maintenir l’harmonie, être aimé, trouver sa place dans un groupe. Le problème, c’est qu’ils continuent de fonctionner à l’âge adulte, dans des contextes où ils ne sont plus vraiment nécessaires. On continue d’anticiper les besoins des autres, de minimiser les siens, de trouver des raisons de remettre à plus tard ce qui nous ferait du bien. Il y a aussi, dans notre culture, une confusion tenace entre prendre soin des autres et être une bonne personne. Dire non, se réserver du temps, dépenser de l’argent pour soi peut encore provoquer une culpabilité réelle chez beaucoup de gens. Cette culpabilité n’est pas irrationnelle : elle répond à des valeurs intériorisées depuis longtemps. Mais elle mérite d’être questionnée. Quand s’oublier devient une habitude Le glissement se fait souvent progressivement. On reporte un rendez-vous pour soi parce que l’agenda des enfants est chargé. On renonce à une activité parce que le conjoint ou un ami a besoin d’aide. On s’endort épuisé sans avoir pris cinq minutes de calme. Chaque décision prise isolément semble raisonnable. Ensemble, elles dessinent un mode de fonctionnement dans lequel soi est toujours dernier sur la liste. Ce qui est intéressant dans les accompagnements que je propose, c’est que les personnes ne viennent pas toujours en nommant ce mécanisme. Elles arrivent fatiguées, un peu à plat, avec le sentiment diffus que quelque chose manque, sans savoir exactement quoi. Quand on commence à explorer la question ensemble, on retrouve presque toujours cette même dynamique : elles donnent beaucoup, elles reçoivent peu, non pas parce que personne ne leur propose, mais parce qu’elles n’arrivent pas à recevoir sans culpabilité. S’oublier régulièrement finit par brouiller la perception qu’on a de ses propres besoins. On ne sait plus vraiment ce qu’on aime, ce qui nous recharge, ce dont on a besoin pour aller bien. Les repères s’effacent. Et quand quelqu’un pose la question « Qu’est-ce qui vous ferait du bien ? », il n’est pas rare que la réponse tarde à venir. Comment réapprendre à se considérer soi-même ? La première étape n’est pas de tout inverser du jour au lendemain, mais de repérer ce qui se passe. Remarquer les moments où l’on reporte, où l’on minimise, où la culpabilité surgit dès qu’on fait quelque chose pour soi. Cette observation, sans jugement, est déjà un travail utile. Dans l’accompagnement personnel que je propose à La Maison du Soin, je travaille souvent sur cette question de la place qu’on s’accorde. Non pas en opposant le soin de soi au soin des autres, mais en aidant les personnes à comprendre que les deux ne sont pas incompatibles. On peut être présent pour ceux qu’on aime et avoir des besoins propres. Ce n’est pas une contradiction. Une piste concrète : commencer par de petits gestes réguliers plutôt que d’attendre un grand moment idéal. Un soin, une heure de calme, une activité choisie uniquement parce qu’elle fait du bien. Pas pour justifier une performance ou récupérer pour mieux donner ensuite, mais simplement parce que c’est utile pour soi. Cette nuance-là, elle prend du temps à s’installer. Mais elle change assez profondément la manière dont on habite sa vie. Il peut aussi être utile de questionner certaines croyances héritées. Pas en les rejetant brutalement, mais en se demandant honnêtement : cette règle que j’applique, est-ce que je l’ai choisie, ou est-ce que je l’ai simplement reçue ? Cette question, posée tranquillement, ouvre souvent un espace de réflexion que les personnes n’avaient pas encore eu l’occasion d’explorer. C’est précisément ce que permettent les séances de coaching et d’accompagnement que je propose à Rezé. Si cette tendance à s’effacer génère une fatigue durable, une tristesse persistante ou un sentiment d’avoir perdu le contact avec soi-même, un accompagnement psychologique peut être complémentaire et précieux. Il ne s’agit pas de souffrir pour changer, mais d’être bien entouré pour avancer. Penser aux autres avant soi n’est pas un défaut. C’est souvent le signe d’une vraie sensibilité. La question qui mérite d’être posée, c’est : est-ce que ce fonctionnement me convient encore, ou est-ce qu’il m’épuise ? Et si c’était le moment de prendre soin de vous ? Réservez votre soin en ligne Laure Fontaine — La Maison du Soin, Rezé — Un Retour à Soi…