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La Maison du soin – Laure Fontaine

Les changements de saison peuvent-ils influencer notre moral et notre énergie ?

Personne assise près d'une fenêtre par temps d'automne, regardant la lumière extérieure, illustrant l'effet des changements de saison sur le moral et l'énergie

Oui, les changements de saison ont une influence réelle sur notre moral et notre niveau d’énergie. Ce n’est pas une impression ni une sensibilité exagérée : le corps et le système nerveux réagissent aux variations de lumière, de température et de rythme que chaque transition saisonnière apporte. Ce que beaucoup de personnes vivent comme une fatigue inexpliquée ou une humeur instable en automne ou au printemps est souvent directement lié à ces ajustements. À La Maison du Soin, à Rezé, je reçois régulièrement des personnes qui arrivent un peu à plat, sans savoir vraiment pourquoi. La question revient surtout en octobre-novembre et en mars-avril. Ce n’est pas un hasard. SOMMAIRE Et si c’était le moment de prendre soin de vous ? Réservez votre soin en ligne Pourquoi les changements de saison affectent-ils notre énergie ? L’élément le plus déterminant est la lumière. Quand les journées raccourcissent à l’entrée de l’automne, l’organisme modifie progressivement sa production de certaines hormones liées au cycle veille-sommeil. La mélatonine, sécrétée en réponse à l’obscurité, est produite plus tôt et plus longtemps. Résultat : une envie de dormir plus importante, une baisse de tonus dans la journée, et parfois une forme de ralentissement général qui peut ressembler à de la flemme mais qui est en réalité physiologique. Le passage à l’heure d’hiver amplifie souvent ce phénomène. En une nuit, les repères biologiques sont décalés, et l’ajustement peut prendre plusieurs jours à quelques semaines selon les personnes. Au printemps, c’est presque l’inverse : le retour de la lumière relance certains mécanismes, mais le corps qui sortait d’un mode hivernal plus lent doit se remettre en route. Certaines personnes vivent cette période comme une fatigue de transition, d’autres comme une légèreté retrouvée. Les deux sont possibles, parfois chez la même personne d’une année à l’autre. Les variations de température jouent également un rôle, surtout lorsqu’elles sont brutales. Un écart important en peu de jours demande un effort d’adaptation à l’organisme, même si on ne le ressent pas consciemment sur le moment. Moral, motivation, sommeil : ce qui change vraiment selon les saisons Les effets les plus fréquemment rapportés lors d’une transition saisonnière touchent trois domaines : le sommeil, la motivation et l’humeur. Ces trois aspects sont liés, et souvent l’un entraîne les autres. Le sommeil se dérègle souvent en premier. En automne, certaines personnes dorment plus mais se réveillent tout aussi fatiguées. Au printemps, d’autres ont du mal à s’endormir malgré une journée chargée. Ces perturbations passagères du rythme de sommeil ont un impact direct sur la concentration, la patience et la capacité à gérer le stress dans la journée. La motivation peut aussi fléchir sans raison apparente. Des projets qui semblaient clairs deviennent flous. Des décisions simples paraissent compliquées. Ce ralentissement cognitif léger est souvent temporaire, mais il peut être déstabilisant si on ne le reconnaît pas pour ce qu’il est : un ajustement, pas un signal d’alarme. Sur le plan de l’humeur, l’irritabilité, la mélancolie légère ou une forme de tristesse diffuse sont relativement fréquentes en début d’automne. Elles ne correspondent pas nécessairement à une dépression, mais elles méritent attention si elles persistent ou s’intensifient au fil des semaines. Il existe une forme de dépression saisonnière reconnue médicalement, liée principalement au manque de lumière, qui touche certaines personnes de manière marquée chaque hiver. Si les symptômes sont intenses ou durables, consulter un médecin ou un professionnel de santé mentale reste la démarche appropriée. Faut-il s’inquiéter ou simplement s’adapter ? Dans la grande majorité des cas, les effets d’un changement de saison sur le moral et l’énergie sont temporaires et ne nécessitent pas d’intervention particulière au-delà d’ajustements simples dans la vie quotidienne. Le corps s’adapte, mais il lui faut du temps, et surtout ne pas être brusqué. Ce qui complique souvent les choses, c’est qu’on continue exactement comme avant en espérant que la fatigue passera toute seule, ou au contraire qu’on s’inquiète trop vite et qu’on accumule du stress autour de quelque chose qui aurait juste besoin d’espace. J’observe souvent que les personnes qui vivent le mieux les transitions saisonnières sont celles qui ont accepté de ralentir un peu pendant quelques semaines, sans culpabiliser. Il y a une erreur fréquente : chercher à compenser la fatigue par davantage d’activité, de sport intense ou de stimulation. Parfois, c’est utile. Mais en début d’automne notamment, forcer sur le rythme alors que le corps envoie des signaux de ralentissement peut aggraver la fatigue et fragiliser l’humeur. L’autre point que je trouve important : ne pas confondre une baisse saisonnière d’énergie avec un problème de fond. Si la fatigue ou la baisse de moral apparaît systématiquement à la même période chaque année et disparaît naturellement quelques semaines plus tard, c’est probablement un rythme biologique à apprivoiser plutôt qu’un trouble à traiter. En revanche, si les symptômes sont disproportionnés ou persistent au-delà de quelques semaines, une consultation médicale s’impose. Quelles habitudes simples adopter lors d’une transition saisonnière ? Quelques ajustements concrets peuvent faire une vraie différence sur le moral et le niveau d’énergie pendant une transition saisonnière. Protéger ses horaires de sommeil. C’est souvent la première chose à stabiliser. Se lever et se coucher à des heures régulières aide l’organisme à retrouver ses repères plus vite, surtout lors du changement d’heure. Décaler son réveil de dix à quinze minutes sur plusieurs jours, plutôt que d’un seul coup, peut limiter le choc pour certaines personnes particulièrement sensibles. S’exposer à la lumière naturelle le matin. Même quelques minutes dehors en début de journée, même par temps couvert, aide à réguler le rythme biologique. La lumière naturelle, même faible, reste beaucoup plus efficace que la lumière artificielle intérieure pour ancrer le cycle veille-sommeil. Accepter de réduire le rythme quelques semaines. Moins de sollicitations sociales, moins d’obligations non urgentes, quelques soirées plus calmes. Ce n’est pas de la passivité, c’est une forme d’intelligence corporelle. On ne culpabilise pas de porter un manteau en hiver ; on peut appliquer la même logique à son rythme de vie. Prêter attention à l’alimentation sans en faire une obsession.

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