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La Maison du soin – Laure Fontaine

Agenda surchargé posé sur un bureau en septembre, symbolisant le sentiment d'accélération à la rentrée

Pourquoi avons-nous l’impression que tout s’accélère à la rentrée ?

Chaque année, c’est la même chose. L’été se termine, et en quelques jours à peine, les agendas se remplissent, les obligations reviennent, le téléphone recommence à sonner. On a l’impression que le monde autour de soi passe soudainement en vitesse supérieure, et que le corps, lui, n’a pas tout à fait eu le temps de suivre. À La Maison du Soin, à Rezé, cette période de septembre est l’une des plus chargées de l’année, et les personnes qui arrivent le disent souvent d’emblée : je me sens débordée avant même d’avoir vraiment commencé.

Ce sentiment d’accélération n’est pas une simple impression. Il a des raisons précises, et en comprendre les mécanismes peut aider à le traverser autrement.

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Un contraste brutal entre l’été et la rentrée

L’été, pour beaucoup, fonctionne comme un ralentissement. Les horaires s’assouplissent, les contraintes sociales diminuent, les journées s’étendent. Ce n’est pas systématiquement le cas pour tout le monde, mais pour une majorité de personnes, les mois de juillet et août représentent au moins une forme de décompression partielle. Le rythme biologique suit : les nuits s’allongent un peu, les repas décalent, l’exposition à la lumière change.

Puis vient septembre. En l’espace d’une semaine, parfois moins, tout se remet en place en même temps. Les enfants rentrent à l’école, les réunions reprennent, les projets qui attendaient depuis juin ressurgissent d’un coup. L’agenda passe de presque vide à saturé. Ce n’est pas que les choses s’accélèrent réellement par rapport à avant les vacances : c’est que le contraste avec l’été est soudain et massif.

Ce décalage entre le rythme que le corps a adopté pendant l’été et celui qu’on lui demande de retrouver immédiatement est l’une des principales raisons pour lesquelles septembre est si éprouvant. L’organisme ne bascule pas d’un mode à l’autre en quelques heures. Il lui faut du temps pour se réajuster, et ce temps, la rentrée ne le laisse généralement pas.

Pourquoi le corps réagit-il si fort en septembre ?

Le corps humain est sensible aux changements de rythme et de lumière. En septembre, les journées raccourcissent progressivement, la luminosité change de qualité, les températures varient davantage d’un jour à l’autre. Ces modifications environnementales ne sont pas anodines : elles agissent sur la régulation du sommeil, sur les niveaux d’énergie, sur l’humeur. Certaines personnes ressentent cette transition comme une fatigue diffuse et difficile à expliquer, parfois accompagnée d’une légère irritabilité ou d’une moindre résistance au stress.

À cela s’ajoute un phénomène psychologique bien réel. La rentrée est culturellement chargée. Depuis l’enfance, elle est associée à une reprise des efforts, à des objectifs nouveaux, à des changements. Même à l’âge adulte, même lorsqu’on n’a plus d’enfants scolarisés, ce conditionnement reste présent. Le cerveau réactive quelque chose qui ressemble à une mise en tension préventive : on anticipe, on planifie, on organise, souvent avant même que les choses aient vraiment commencé.

Ce que j’observe régulièrement à l’institut, c’est que les personnes qui arrivent en septembre portent souvent deux types de fatigue superposées : la fatigue résiduelle des dernières semaines d’été, qui n’est pas toujours synonymes de repos complet, et la fatigue anticipatoire de tout ce qui arrive. Les tensions sont souvent localisées dans les épaules, la nuque, parfois la mâchoire. Le corps a déjà commencé à encaisser avant que la rentrée soit vraiment lancée.

Femme assise, les épaules contractées et la nuque tendue, illustrant les tensions physiques ressenties à la rentrée de septembre

Comment traverser cette période sans s’épuiser dès le départ ?

La tentation est souvent de répondre à l’accélération par encore plus d’accélération : rattraper ce qui n’a pas été fait, tout caler dans les premières semaines, repartir au maximum dès le 1er septembre. Cette logique est compréhensible, mais elle coûte cher sur la durée. Les personnes qui démarrent la rentrée en forçant d’emblée sont souvent celles qui arrivent épuisées en novembre.

Une approche plus utile consiste à accepter que la transition prend du temps, et à lui en donner un minimum. Concrètement, cela peut vouloir dire ne pas tout reprendre exactement en même temps, préserver un ou deux espaces dans la semaine qui ne soient pas des obligations, et porter attention aux signaux que le corps envoie dès les premières semaines plutôt qu’en fin d’automne quand l’accumulation est déjà importante.

Un massage bien-être ou un soin de détente en début de rentrée n’est pas un luxe déplacé. C’est souvent une façon de marquer consciemment le passage entre deux rythmes, de permettre au système nerveux de relâcher une tension qui s’est installée progressivement. Ce n’est pas une solution à tous les problèmes de charge mentale ou d’organisation, mais ça peut aider le corps à aborder les semaines suivantes dans un état moins contracté.

Les personnes qui pratiquent un accompagnement personnel ou un travail de coaching trouvent parfois dans cette période un moment utile pour faire le point : ce qui reste d’une année, ce qu’on veut y mettre dans les mois qui viennent, ce qui peut être allégé. La rentrée est un vrai moment de transition, et les transitions méritent qu’on s’y arrête un peu plutôt que de les traverser en courant.

Une chose simple peut changer la tonalité de septembre : se demander, dans les premiers jours, ce dont on a réellement besoin pour tenir le rythme sur la durée, plutôt que d’essayer d’absorber tout ce qui se présente. Ce n’est pas une question de volonté. C’est une question d’organisation intelligente de ses ressources.

La rentrée durera plusieurs semaines. Ce qui s’accumule dans les premiers jours se retrouve en général dans le corps en octobre ou novembre. Mieux vaut lui donner quelques points d’appui dès maintenant.

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Laure Fontaine — La Maison du Soin, Rezé — Un Retour à Soi…

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